Un mois après l’arrestation de l’activiste Kemi Seba en Afrique du Sud, sa demande d’extradition n’est toujours pas à l’ordre du jour devant la cour régionale de Pretoria. La juridiction continue d’examiner la possibilité de le remettre en liberté sous caution, en attendant la suite de la procédure.

Toutes ces précautions prises par la justice sud-africaine constituent un véritable camouflet pour Patrice Talon, peu habitué, à la rigueur d’une justice indépendante. Il est davantage familier à des raccourcis malsains et de la brutalité juridique.

Contrairement aux enlèvements dénoncés par les opposants dans les dossiers de Steve Amoussou à Lomé et de Hugues Sossoukpè à Abidjan, impliquant Ouanilo Medegan Fagla et son groupe MMA Hêviosso, l’Afrique du Sud donne aujourd’hui raison à ceux qui dénonçaient des méthodes jugées barbares et dignes d’une autre époque.

Faut-il encore le rappeler, l’extradition d’un citoyen vers un autre pays répond à des normes rigoureuses et non négociables. Elle engage à la fois la responsabilité personnelle du juge et la responsabilité morale de l’État. Une telle décision ne saurait être prise sur un simple coup de tête.

Le cas de Patrice Talon dans le dossier de tentative d’empoisonnement de Boni Yayi en est, pour certains observateurs, une illustration éloquente.

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