Au cours du Conseil des ministres du mercredi 13 mai, le gouvernement béninois a décidé de mettre fin aux opérations de Bénin Taxi, tout en déclarant que l’opération avait été une réussite. Une contradiction incompréhensible pour de nombreux Béninois.
Comment, dans un pays qui cherche des opportunités de création d’emplois et des ressources financières additionnelles, peut-on mettre fin à une entreprise rentable ?
Ce que le gouvernement n’a pas voulu dire à l’opinion publique, c’est que Bénin Taxi est un gouffre financier. Dès 2021, l’entreprise affichait un déficit de plus de 2 milliards.
À quel moment a-t-elle pu remonter la pente ?
Au même titre que le leasing, qui aurait coûté près de 2 500 milliards en cinq ans, Bénin Taxi est une opération mal pensée, mal exécutée, dont l’échec était garanti dès le départ.
En réalité, dans un pays rigoureux sur la gouvernance financière, il aurait fallu rendre publics les états financiers au lieu de se cacher derrière une malsaine opacité.
Mais c’est le prix que le Bénin a dû payer pour amener Abdoulaye Bio Tchané à fermer les yeux sur dix années de gabegie financière et Assan Séibou à porter des projets de révision constitutionnelle sans tête ni queue.